La vente aux enchères de l’usine d’égrenage de coton de Nikki appartenant à la société Mci Sa de Martin Rodriguez a eu lieu lundi 06 novembre 2017 au Tribunal de première instance de Parakou. Criblée de dettes à hauteur de 9 milliards de FCfa, et objet de saisie par l’Etat béninois, elle a été adjugée à un acheteur bien connu, la Sodéco pour la somme de 3 milliards de FCfa. Le groupe Aiglon également candidat au rachat avait fait une offre de 2,9 milliards FCfa, mais hélas.

A l’issue de l’audience publique qui s’est déroulée hier lundi 06 novembre 2017 à la Chambre des Criés du Tribunal de première instance de première classe de Parakou, la société Marlan’s Cotton industries (Mci Sa) de l’homme d’affaires Martin Rodriguez n’est plus propriétaire de l’usine d’égrenage de coton installée à Nikki. Le complexe a été vendu aux enchères et le repreneur s’appelle Société de développement du coton (Sodéco). Deux candidats s’étaient positionnés pour racheter l’usine. En dehors de Sodéco, il y avait le groupe Aiglon, très présent en Côte d’Ivoire. Il a misé pour 2,9 milliards de FCfa. Mais, son offre était insuffisante. L’usine a été adjugée pour 3 milliards de FCfa, qui est l’offre la plus judicieuse provenant de la Sodéco. Avant d’en arriver là, la bataille a été très rude entre l’Etat béninois et Mci Sa, à l’image de l’audience qui s’est déroulée publiquement hier. Mci Sa qui avait déjà connu plusieurs revers dans ce feuilleton, notamment le rejet par la Cour constitutionnelle de son recours soulevant l’exception d’inconstitutionnalité du dossier, a usé de tous les arguments pour retrouver un nouveau souffle, et si possible au détour d’un report. Mais les arguments présentés par ses conseils, Maîtres Prosper Ahounou et Angelo Hounkpatin n’avaient pas de poids face au débat technique mené par les avocats de l’Etat : Yvon Détchénou, Jacques Migan, Sévérin Quenum, Vincent Tohozin, NicollinAssogba. L’audience d’hier qui devrait avoir lieu le 30 octobre 2017 pour l’ouverture de l’adjudication est allée à son terme, scellant le sort de Mci et de Martin Rodriguez. L’usine a trouvé preneur au bout d’une procédure régulière. Incapable de prouver sa capacité à effacer une dette de 9 milliards de Fcfa datant d’avant le régime passé, Mci Sa n’a pas pu sauver l’usine de Nikki et son promoteur ne peut que s’en prendre à lui-même. C’est dans ce contexte que l’Etat a décidé de la saisie immobilière de l’usine. La voie de la justice était devenue inévitable pour les deux parties en conflit. Le Tribunal de première instance de Parakou a alors connu du dossier. Il a invité les protagonistes à produire leurs dossiers. Les plaidoiries ont démarré le 3 juillet 2017. Mais à cette audience, Mci Sa a soulevé une exception d’inconstitutionnalité. Le juge a alors suspendu la procédure en attendant la décision de la Cour constitutionnelle, saisie le 06 juillet 2017. La Haute juridiction a rendu sa décision le 10 août 2017 à travers laquelle, elle a déclaré que l’exception d’inconstitutionnalité soulevée est irrecevable. L’affaire était de retour le 11 septembre dernier et le juge a autorisé la vente aux enchères de l’usine prévue le 30 octobre passé. Mais l’audience n’a pu avoir lieu. Reportée à hier lundi, elle s’est tenue avec à la clef, l’adjudication pour 3 milliards de FCfa.
FN

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