Crise sociale avec les syndicalistes:Le gouvernement prône un dialogue constructif

Après les défalcations opérées pour fait de grève, la tension sociale a franchi un palier. C’est fort de ce constat désolant que le gouvernement a décidé d’exhorter les Centrales et Confédérations syndicales à revenir à la table des négociations. Vendredi 09 mars 2018, les ministres Adidjatou Mathys et Joseph Djogbénou étaient face aux hommes des médias pour leur faire part de cette nouvelle dynamique de l’Exécutif.

Face à la crise sociale, le gouvernement ne cesse de prouver sa bonne foi pour un retour à la normal. C’est d’ailleurs dans cette dynamique qu’il a fait une sortie médiatique, vendredi dernier, pour expliquer à l’opinion publique son engagement à poursuivre les négociations avec les partenaires sociaux. Ces derniers ayant boudé la séance du mardi dernier, sont invités à reprendre langue avec la partie gouvernementale. « A l’endroit des organisations syndicales, le gouvernement voudrait faire prendre conscience et faire savoir que sa main reste tendue, que le dialogue sans condition est son vœu, qu’il ne va jamais cesser de solliciter et d’encourager le dialogue, que ses portes sont ouvertes et  que les solutions aux problèmes posés ne devront pas être attendues sous condition », a déclaré le Garde des sceaux. Selon Joseph Djogbénou, des rencontres sont d’ailleurs prévues dès cette semaine et, à l’occasion, son souhait est que les points substantiels soient débattus sans que des conditions préalables soient fixées. « Le gouvernement appelle au dialogue sans condition dans l’intérêt des travailleurs et de l’Etat », a-t-il insisté. Pour sa collègue de la fonction publique, la question qui fâche les Centrales et Confédérations syndicales est celle relative aux défalcations opérées pour fait de grève. Or, le gouvernement, en agissant ainsi, s’est juste conformé à la loi 2001-009 de juin 2002 qui porte sur l’exercice du droit de grève. Et donc, l’Exécutif n’a aucune intension de faire du mal aux travailleurs. C’est pourquoi, le ministre Joseph Djogbénou a martelé que le président de la République ne peut ne pas appliquer la loi, notamment la sanction applicable aux cas d’abandon de poste. « Je voudrais aussi dire à chaque travailleur de prendre conscience de ce que la qualité de la gouvernance dépend aussi de la manière, de la logique et de la cohérence avec lesquelles la loi est appliquée, à faire en sorte d’éviter de se mettre en situation d’abandon de poste, à faire en sorte de limiter à l’égard de chacun les effets de l’application de la loi relative aux conditions d’exercice du droit de grève. Le gouvernement invite chaque travailleur, en attendant que des solutions soient trouvées, à faire en sorte de limiter les effets de la loi », a-t-il insisté. A l’endroit des leaders syndicaux, le message du gouvernement est aussi clair : « J’aimerais aussi dire aux Sg des centrales que ce n’est pas en nous tournant le dos que  nous allons parvenir à trouver des solutions à la crise actuelle. Notre pays n’a pas besoin de cela en ce moment. Nous devons nous revoir. Ils doivent revenir à la table des négociations afin que nous pussions parler, nous écouter, relire certains articles de la loi, si possible, afin qu’on ait une même compréhension de la loi. Nous devons tous, dans un sursaut patriotique, sauver l’année scolaire en cours. Nous devons poursuivre de donner des soins de qualité aux malades dans les centres de santé », a lancé Adidjatou Mathys.

 Joël Samson Bossou

 Les négociations reprennent demain

Le mardi 13 mars 2018, le gouvernement et les centrales syndicales vont se retrouver une fois encore pour trouver une sortie de crise.Tous les regards seront tournés vers l’Infosec où se tiendra la rencontre. En effet, gouvernement et Centrales syndicales se retrouveront pour renouer avec le dialogue qui entre- temps, a été interrompu. La délégation ministérielle conduite par le ministre d’Etat chargé du Plan et du développement, Abdoulaye Bio Tchané, tentera de convaincre les partenaires sociaux pour une sortie de crise afin que les écoles, les hôpitaux, et le secteur judiciaire puissent rouvrir leurs portes. On se rappelle que la dernière rencontre gouvernement-syndicats s’est achevée en queue de poisson lorsque les Secrétaires généraux ont brandi la rétrocession des défalcations opérées sur les salaires pour faits de grève comme préalable aux discussions. Toutes les centrales syndicales ont vidé la salle de l’Infosec et ont exigé le retour au dialogue lorsque les fonds défalqués seront rétrocédés. Mais quelques jours après, ils ont accepté de retourner à la table de négociation. Il est à espérer que les positions ne se radicalisent une fois de plus.

 Armel Nelson Avadémey

Actubenin

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