Chacun sait en effet, qu’il importe que se produisent certains événements pour que soient révélées au grand jour les pensées secrètes de beaucoup. Les propos tenus par l’ancien président de la République, l’octogénaire Nicéphore Soglo le 23 mai 2019 devant les « Zem » du camp Marié le temps d’un arrêt consécutif à la visite qu’il venait de rendre à son homologue Boni Yayi,  corrobore à n’en point douter la thèse du complot contre le Bénin.

A en croire le vétéran Soglo, « les autres chefs d’État de la sous-région n’attendent que la décision du président nigérian Muhammadu Buhari pour sceller le sort de Patrice Talon et du nouveau Parlement ». La thèse du complot est bien établie. Claire comme l’eau de roche. Le pot aux roses est découvert. Talon et la toute nouvelle assemblée délibérante sont la cible de l’axe du mal. Point n’est besoin de porter une loupe pour s’en convaincre. Obsédée par les commérages qui emballent l’accélération de la rhétorique anti-Talon, l’engeance évente les plans ourdis pour déstabiliser la République dans ses fondations. Malheureusement, il se fait que ce scénario rocambolesque se joue sous le parrainage entre autres du premier président du Bénin sous l’ère du renouveau démocratique. Nicéphore Dieudonné Soglo. L’octogénaire qui avance dans le temps du soir, le temps de la sagesse, le temps du devoir de conscience, de l’obligation de dire vrai et de faire bien, sans souci provocateur de plaire ou de ne pas plaire.Le temps du témoignage qui éclaire et qui rassure. Mais hélas, le but est affiché: désorienter la nouvelle dynamique axée sur la rationalisation du paysage politique et le retour aux valeurs sacro-saintes de l’orthodoxie financière pour élever la gouvernance à une échelle plus confortable semble être la piteuse trouvaille de Soglo et compagnie. L’hôte impromptu du « camp Marié » (kiosque de la morgue du Cnhu) va même jusqu’à s’ébruiter dans une suffisance plutôt goguenarde pour épiloguer sur les démarches qui l’auraient conduit à avoir eu l’audace de discréditer le Bénin auprès des organismes financiers internationaux. Ignoble campagne d’intoxication et de diabolisation qui dissimule mal les intentions inavouées de la vermine à la solde des pires perspectives d’annihilation.

 Comble d’intoxications

Dans la gamme variée de l’incurie, en un tour d’acrobate, nos funambules, réactionnaires irréparables n’hésiteront pas à opérer à coups d’affabulations,  une descente ubuesque dans l’arène des tristes inédits pour indiquer par la voix de Soglo que les actuels déboires de Yayi sont liés non pas à son engagement politique mal aiguillonné,  mais plutôt à un prétendu vieux différend relatif au coton qui l’opposerait au président Talon. A la vérité, il y a tout lieu de préciser qu’il n’existe aucun prétendu litige. Il faut dire que cette ingéniosité malsaine menée au forceps n’est que la résultante d’une nouvelle parade inventée par de petits alchimistes pour faire croire que Yayi, Soglo ainsi que leurs comparses n’ont rien à voir avec les troubles des 1er et 2 mai 2019. C’est aussi un signe évident qu’avec le recul, ils commencent à prendre la pleine mesure de la gravité de leurs actes et sont à la recherche d’une bouée de sauvetage en vue d’échapper à l’application éventuelle de la loi. Là-dessus, le président Talon ne doit pas se laisser emberlificoter par la sirène des cassandres. Le Bénin a tourné la page de la politique de compromis et d’accommodation. La Nation a payé un lourd tribut dans cette crise post-électorale. Les responsabilités doivent être situées et les coupables châtiés. Pour le reste, le Bénin de la rupture, bon élève des institutions financières internationales tient son rang dans le concert des nations et n’a rien à craindre des chantages apocalyptiques issus de la meute condamnée par l’histoire.

 

Boris Fatondji (Coll)/Actubenin

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