Dossier »siège de l’Assemblée nationale »:Choc d’arguments entre majorité et minorité

Le fumeux dossier du « Siège de l’Assemblée nationale » continue de faire des vagues. Les idées se croisent, les arguments aussi. Sur la chaîne de télévision privée Golfe Tv Africa hier dimanche 13 mai 2018, la question était au centre des débats. En face de Irénée Agossa et de l’ancien ministre de l’urbanisme sous le Régime Yayi, Noël Fonton, il y avait le Directeur général de l’Anpe Urbain Amégbédji et le député de la majorité présidentielle, Gildas Agonkan. Le Président de l’Anlc, Jean-Baptiste Elias, était venu apporter l’éclairage nécessaire.
Pas un des invités conviés au grand débat de la chaîne de télévision privé n’a applaudi l’éléphant blanc du siège de l’Assemblée nationale installé au bord de la lagune de Porto-Novo. Un à un, les autorités conviés à s’expliquer sur le dossier hier ont condamné le crime. On s’attendait à un argumentaire de chasse aux sorcières des contradicteurs, mais les apports des uns et des autres ont clarifié cette nébuleuse.

Au cours de son intervention, l’ancien ministre de l’urbanisme a même fait savoir qu’il y a eu en son temps, des niveaux de pression insoupçonnés. « Si je vais me mettre à dire tout ce que regorge ce scandale du siège de l’Assemblée nationale, beaucoup tomberont en syncope. C’est une honte nationale. Il faut absolument que l’image du Bénin soit restaurée », a déclaré l’ancien ministre de l’urbanisme, Noël Fonton. Il a toutefois condamné ce qu’il appelle l’exagération dans le discours des dirigeants actuels. Pour sa part, le régime actuel tend à faire croire que rien n’a été fait par le passé pour sanctionner les fautifs. Tout est présenté,selon lui comme si c’est maintenant qu’on sanctionne dans cette affaire. « Il y a eu par le passé des procédures contre des gens dans ce dossier. Il y a aussi des affaires qui sont pendantes devant les juridictions. Ne tentons pas de faire croire que rien n’est fait », a-t-il fait savoir. Même s’il reconnait la justesse de l’engagement du gouvernement, Irénée Agossa a pour sa part, souligné des formes de velléités politiques dans cette volonté de sanction. A l’avis de IrénéeAgossa, le gouvernement semble mettre en avant la question de corruption pour faire passer son projet de construction d’un nouveau siège.

« Le gouvernement a sa décision. Donc, quoiqu’on fasse le gouvernement va mettre en œuvre sa décision. Il faut alors qu’on cesse de nous perdre le temps et nous permettre d’opiner sur le nouveau siège que le gouvernement veut construire », a-t-il fait savoir. Dans son intervention, le Président de l’Anlc a appelé les uns et les autres au calme. Dans ce dossier, renchérit-il, il y a encore assez de non-dits qui seront clarifiés en son temps. « Est-ce que le dossier appel d’offres a été bien monté ? Est-ce que les membres de la commission ont bien fait le travail et quelle a été leur responsabilité ?

Tout cela sera analysé de fond en comble en son temps », a-t-il fait savoir. Au cours de leurs différentes interventions, les représentants de la mouvance sont revenus sur le bien-fondé de la décision gouvernementale. Gildas Agonkan a fait savoir qu’il n’y aura pas de protectionnisme ou d’état d’âmeà avoir quand il s’agira de livrer le ou les députés de la majorité présidentielle qui seraient impliqués dans ce dossier du siège de l’Assemblée nationale. Urbain Amègbédji a, quant à lui,déclaré qu’il fait confiance à la justice et qu’en son temps, les responsabilités seront totalement situées. Les invités ont, à l’unanimité, exigé toute la lumière sur ce dossier qui a vu engloutir plusieurs milliards de FCfa.

HA/actubenin

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