L’affichage des listes électorales en RDC, qui a débuté il y a tout juste une semaine, permettra-t-il de résoudre les imperfections du fichier électoral ? Des erreurs pointées par l’OIF dans son rapport d’audit publié au printemps dernier, et notamment la présence d’environ six millions d’électeurs enregistrés sans empreinte digitale et considérés par l’opposition comme potentiellement « fictifs ». « Non », répond l’opposition tandis que la Commission électorale lui reproche de ne pas jouer pleinement son rôle dans le processus.

Du côté de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), on déplore « le manque d’engouement des électeurs » pour aller vérifier leurs noms sur ces listes électorales. Et on renvoie l’opposition à sa responsabilité regrettant qu’elle préfère « critiquer » le processus plutôt que d’appeler les Congolais « à y participer massivement ».

L’opposant Martin Fayulu répond lui que l’affichage tel qu’il est organisé ne résoudra en rien le problème de ces millions d’électeurs sans empreinte : « Ce que la Céni est en train de faire, c’est une tricherie totale. Vous affichez les noms et vous dites aux gens, à d’autres personnes d’aller vérifier si Tartenpion existe ou n’existe pas. C’est de la poudre aux yeux parce que personne n’ira là-bas pour savoir si tel ou tel existe réellement. Ce qu’il faut faire, enlever les noms de ces millions d’effectifs et puis demander à ces gens, s’il existe réellement, d’aller voir le bureau de la Céni avec leur carte d’électeur, avec des témoins et avec des PV à l’appui pour qu’ils soient réinscrits. Très simple ».

La semaine dernière, dans une interview, le porte-parole du gouvernement par intérim, le ministre Félix Kabange Numbi, avait estimé qu’une telle solution risquait d’entraîner des millions de recours devant les tribunaux et repousser l’élection de plusieurs années. En mai dernier, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) avait recommandé en plus de l’affichage des listes que la Commission électorale mène des « investigations approfondies » pour « identifier les causes réelles » de cette situation jugée « réellement préoccupante » et que « des mesures appropriées » soient prises pour y remédier.

RFI

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