La prise en charge des frais d’inscription des étudiants béninois non boursiers, non secourus et non-salariés préoccupe au plus haut point le président Patrice Talon. C’est pourquoi, à l’issue du séminaire gouvernemental tenu le 7 novembre 2017, un certain nombre de mesures ont été envisagées sur la question.

Alors que la gratuité des inscriptions dans les universités publiques a été supprimée, le gouvernement réfléchit sur la question de la prise en charge des frais d’inscription des étudiants béninois non boursiers, non secourus et non-salariés. A cet effet, des mesures ont été envisagées sur le plan de la gouvernance des universités publiques, de la gestion financière et de la spatialisation des centres universitaires en vue de permettre à cette frange de la communauté estudiantine de bénéficier du soutien de l’Etat pour leur cursus académique.
Sur le plan de la gouvernance des universités publiques, le gouvernement a pris des mesures pour la mise en place d’un Conseil d’administration (Ca) dans chaque université, avec des missions précises. Les membres dudit Ca seront nommés en Conseil des ministres. Pour le système de gouvernance démocratique dans les universités publiques, il est maintenul’élection des recteurs. Pour ce qui concerne la gestion financière, le gouvernement entend abroger le décret n°2008-802 du 31 décembre 2008 portant prise en charge, par l’Etat, des frais d’inscription des étudiants béninois non boursiers, non secourus et non-salariés dans les Universités nationales du Bénin (Unb), pour compter de la rentrée académique 2018-2019. De même, il est prévu la prise de mesures au niveau du ministère de l’Economie et des finances, en vue de la mise à disposition du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique des ressources nécessaires pour le fonctionnement des Universités au cours de l’année académique 2017-2018, la mise en place d’un manuel de procédures au niveau des Unb pour une meilleure gestion des ressources financières et la mise en place d’une nouvelle stratégie gouvernementale de subventions des Universités nationales du Bénin en vue d’une meilleure dynamique de développement de l’enseignement supérieur. Il est également prévu dans le cadre de la gestion financière, la mise en place d’une stratégie de financement des besoins des Unb, avec un plan d’affaires bien élaboré à cet effet.Concernant la spatialisation des centres universitaires, il est envisagé la prise de dispositions appropriées en vue de la délocalisation, à terme, de certaines facultés de l’Uac vers d’autres villes du Bénin. Ces mesures ainsi prises donnent la preuve du réalisme du gouvernement face à la situation dans l’enseignement supérieur surtout lorsqu’on sait que les universités publiques vont mal sur le plan financier.
Quid de la gratuité des inscriptions ?
Alors quel’Etat béninois a décrété la gratuité des inscriptions dans les Universités nationales du Bénin (Unb) pour les étudiants non boursiers, non secourus et non-salariésen 2008, des subventions devraient être versées chaque année auxdites universités pour compenser le déficit financier induit par ladite mesure et assurer leur fonctionnement normal. Mais l’Etat n’a pas toujours honoré ses engagements, mettant du coup les universités nationales dans une situation financière difficile. Sur la période 2008 à 2016 l’Etat doit, au total, à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), une somme de 2.846.910.000 Fcfa a été versée au titre des subventions compensatrices de la mesure de gratuité. Ce déficit de ressources impacte négativement la qualité des formations dispensées. Pour l’année académique 2017-2018, sur un total de 3906 étudiants inscrits dans les écoles et instituts de formation professionnelle, 78% le sont à « titre entièrement payant » contre 22% de boursiers. Le but visé par ces entités, en inscrivant pour l’essentiel des étudiants payant des frais de formation, est d’avoir, à travers lesdits frais, les moyens pour faire face aux multiples charges de fonctionnement de leurs entités. Il s’en dégage que la politique de gratuité conduit plutôt à une privatisation déguisée des universités publiques. Or, elles ne peuvent pas devenir des universités privées, qui recherchent essentiellement du profit. C’est pourquoi sur la question de l’abrogation de la gratuité, le gouvernement observe une démarche méthodique et surtout tenant compte des intérêts de tous les acteurs. Il met ainsi en branle une nouvelle dynamique de développement de l’enseignement supérieur. C’est le lieu de saluer la démarche méthodique et apaisante du gouvernement qui vise la prise en compte des préoccupations de tous les acteurs universitaires.Chacun doit à cet effet accepter de consentir les sacrifices nécessaires à la réussite de la nouvelle stratégie.
La décision a été prise lors du Conseil des ministresen sa séance du 15 novembre 2017. A cette occasion, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche Scientifique (Mesrs) a soumis à l’appréciation du gouvernement, une communication relative aux mesures envisagées à l’issue du séminaire gouvernemental tenu le mardi 7 novembre 2017, sur la prise en charge, par l’Etat, des frais d’inscription des étudiants béninois non boursiers, non secourus et non-salariés.
Odi I. Aïtchédji

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