En exil à Paris en France depuis l’avènement de sa révocation à la tête de la mairie de Cotonou, l’ancien maire de la ville de Cotonou, Léhady Vinangnon Soglo a effectué ce dimanche 26 novembre 2017, sa première sortie médiatique sur l’émission « Et si… » de TV5 Monde.
Dans sa prise de parole l’ancien maire Léhady Soglo n’a pas tari de mot pour dénoncer  l’acharnement dont il est victime depuis l’arrivée au pouvoir du Président Patrice Talon. « Je suis victime d’acharnement de la part du Régime dit de la rupture et du nouveau départ » a-t-il introduit sans langue de bois avant d’expliquer le processus de sa destitution de la Renaissance du Bénin  et de la mairie de Cotonou.

« J’ai été tour à tour destitué de la tête de ma formation politique et révoqué de la mairie de Cotonou, ce, par la même main invisible qui a télécommandé les opérations. Je veux parler du président de la République, Mr Patrice Talon »
Lehady Soglo Ancien maire de la ville de Cotonou

Léhady Soglo dénonce un acharnement contre sa personne

A l’en croire, s’il fait aujourd’hui objet d’une cabale de la part du gouvernement,  c’est parce qu’il a soutenu pendant les dernières élections présidentielles, un autre candidat que celui qui, finalement a retenu l’attention du peuple béninois, mais aussi et surtout parce qu’il aurait des divergences avec le président Patrice Talon sur la façon dont le pays est géré. Selon lui, ce qui caractérise aujourd’hui la gouvernance de Mr Patrice Talon, ce sont les conflits d’intérêts, c’est l’acharnement contre les opposants politiques. Et sur sa destitution de la mairie de Cotonou, il souligne qu’aujourd’hui, la justice est le dernier rempart contre l’arbitraire et l’autoritarisme en République du Bénin.
« L’affaire est pendante devant les tribunaux, et le pouvoir en place, essaie d’instrumentaliser certains juges » a-t-il dénoncé. Selon léhady Soglo, des manœuvres sont faites pour empêcher la justice de dire le droit en sa faveur. A propos de sa destitution de la mairie de Cotonou, Léhady Soglo est revenue sur son audition du 28 juillet 2017.
« J’ai subis une audition à charge, à la préfecture de Cotonou sans pouvoir exercer mon droit de défense. J’ai été dans la foulée suspendue par le ministre de la décentralisation et de la gouvernance locale. Et le 02 Août, le conseil des ministres, dans la précipitation, de façon inique (injuste), m’a révoqué » a-t-il expliqué avant de rappeler qu’il a vu débarquer à son domicile, des forces de l’ordre lourdement armées, avec des engins lourds, pour « l’enlever, parce que, ils étaient là, sans mandat ».
Aussi, soutient-il d’être l’objet d’un acharnement. Pour cause, il explique avoir subit pas moins de quatre audits en l’espace de huit mois, soit un audit tous les deux mois qui n’ont rien révélé d’irrégularité avant de lire ce que le deuxième audit a dit de sa gestion.
«  S’agissant de fautes professionnelles ou de gestion, le cabinet du cousin du président de la République, dit que « l’examen des pièces, n’a pas révélé des actes qualifiables de fautes professionnelles ou de gestion. Cependant, nous avons noté quelques insuffisances qui nécessitent des améliorations qui sont relatées plus haut ». Aussi, rappelle-t-il que la déontologie comptable veut qu’on ne répète pas des audits dans la même structure, sur le même objet. « Ils auraient dû effectivement arrêter ces audits à la mairie de Cotonou » a-t-il proposé.

Léhady Soglo un adversaire politique de Patrice Talon

En réponse à la journaliste Dénise Epoté qui demandait si Léhady Soglo est devenu un adversaire politique de Patrice Talon, ce dernier répond « (Oui) Par la force des Choses. Parce qu’il a décidé ainsi. Et je suis obligé de me défendre. Mais au-delà de ma personne, c’est la démocratie locale qui est en jeu ».
Il estime qu’aujourd’hui, tout est mis en œuvre pour bâillonner tous ceux qui sont perçus comme des opposants au régime. Pour lui, ce qui caractérise la gouvernance du président Patrice Talon, c’est l’absence de dialogue, l’absence de résultats. Aussi, a-t-il fustigé des déguerpissements, qui ont jeté dans la rue, des milliers de béninois et de béninoises et la destitution tout azimut des maires du Bénin « perçus comme des opposants au régime ».
« Le président Talon, a théorisé sur tout ce que nous vivons actuellement en disant, que ; « un président n’a pas besoin de présenter un bilan à la fin de son mandat. Il peut se faire réélire, s’il est capable de désorganiser les compétiteurs qui pouvaient se présenter face à lui. » a-t-il affirmé. Toutefois, L’ancien maire de Cotonou espère être vite réhabilité pour retourner dans ses fonctions.

 Léhady Soglo invite Talon à ramener la balle à terre

L’ancien locataire de l’hôtel de ville de Cotonou, se dit absolument prêt à retourner au pays puisse qu’il ne se reproche rien. « Qui sait si à la suite de cette émission, je recevrais un mandat » s’est t-il interrogé après avoir invité le pouvoir en place à prendre la mesure de la détresse des compatriotes Béninois.
« On n’a pas élu le président Patrice Talon, pour qu’il passe son temps à régler des comptes. Pour qu’il passe son temps à faire des audits ciblés et sélectifs. Pour qu’il passe son temps à s’acharner contre certains opérateurs économiques, mais plutôt pour qu’il développe le pays » fait t-il remarquer avant d’ajouter qu’il pense «comme beaucoup qu’il serait de bon ton qu’il (Patrice Talon Ndlr) ramène la balle à terre ».

 Retour sur la révocation de Léhady Soglo

Suspendu le 28 juillet 2017  par le Ministre de la décentralisation et de la gouvernance locale suite à un rapport d’audition du Préfet du département du Littoral, le Maire de la capitale économique du Bénin, Léhady Soglo a été révoqué le mercredi 02 août 2017 par le gouvernement du Président Talon lors de sa séance ordinaire du conseil des Ministres. Par la suite Léhady Soglo a introduit par le biais de son conseil, un recours gracieux au gouvernement contre sa révocation.
Comme il devrait s’y attendre certainement, par courrier n°092/MDGL/SP-C adressé à Maître Alfred Bocovo, avocat de Léhady Soglo, le Ministre béninois de la décentralisation et de la gouvernance locale, Barnabé Dassigli a rejeté le recours gracieux de Léhady Soglo pour motif de vice de procédure et hiérarchie des normes. Selon les explications du Ministre Dassigli, l’avocat conseil de Léhady Soglo a introduit le recours gracieux suite à sa suspension le 07 août 2017, une date postérieure à celle du conseil des Ministres en sa séance du 02 août 2017 au cours de laquelle il a été décidé de la révocation du Maire.
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