Fin août, le gouvernement nigérian a décidé de fermer sa frontière terrestre avec le Bénin, mettant fin aux importations venues du pays voisin comme le riz ou les abats congelés. Une politique protectionniste du président nigérian qui entend ainsi développer le « made in Nigeria » et diversifier l’économie qui repose essentiellement sur le pétrole. Ce blocage est une véritable asphyxie pour les pays voisins et notamment le Bénin dont l’activité portuaire représente une importante source de revenus.

Sur le marché d’Ajara au Nigeria, à la frontière avec le Bénin, les étals sont pratiquement vides. Pourtant, il y a encore quelques semaines, les stands regorgeaient de produits de première nécessité en provenance du Bénin.

« Peu d’articles que nous vendons sont produits au Nigeria, assure Serra Sunday, vendeuse au marché d’Ajara. Certains articles comme les macaronis, l’huile de granot, même le sucre… Nous les obtenions de la République du Bénin. Mais maintenant que la frontière est fermée, on ne peut plus y aller. Tous les articles que nous vendons sont ceux que nous avions avant la fermeture de la frontière. »

Fin août, le gouvernement nigérian a décidé de fermer sa frontière terrestre avec ses voisins, dont le Bénin, les accusant de mal gérer leurs douanes et de profiter de la porosité des frontières. Résultat : arrêt total des importations, souvent illégales, de produits divers comme le riz, l’huile, les abats congelés.

Une décision qui accompagne la politique d’autosuffisance alimentaire mise en place par Muhammadu Buhari. Le président nigérian entend développer le « made in Nigeria » et diversifier l’économie du pays qui repose essentiellement sur le pétrole. Mais la fin brutale des échanges commerciaux a pris la population de court.

Avant le blocage, plusieurs milliers de sacs de riz passaient illégalement la frontière sur les porte-bagage des taxis-motos. Aujourd’hui, le trafic est quasiment à l’arrêt et face à la pénurie, le prix du riz s’est envolé. Il est passé de 9 000 nairas (22 euros) à 22 000 nairas (55 euros) pour un sac de 50 kilos. D’autres produits béninois ne sont même plus acheminés jusqu’à la frontière.

Les fruits et légumes ne s’exportent plus et les conducteurs de voitures, de camions et de motos-taxis ne parviennent plus à faire le plein d’essence. En effet, le Bénin vit grâce à l’importation d’essence de contrebande, à bas prix, venue du Nigeria. La fermeture de la frontière est donc une véritable asphyxie économique pour le pays. Et beaucoup s’interrogent sur leur futur si cette situation venait à perdurer.

France 24

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