Grève dans le secteur de l’éducation:Les enseignants sur pied de guerre

La fin de la paralysie dans le secteur de l’éducation n’est pas pour demain. Hier, lundi 5 mars 2018 sur toute l’étendue du territoire, des Assemblées générales de remobilisation ont été tenues par les leaders syndicaux au niveau départemental.

Les confédérations syndicales en conclave à Parakou

A Parakou, le mouvement de grève se poursuit dans tous les établissements publics. Les enseignants tiennent mordicus à la satisfaction de leurs revendications avant la reprise de toute activité pédagogique. Lundi 5 mars 2018 à l’Ecole primaire publique Ocbn de Parakou, les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales étaient en assemblée générale avec les enseignants pour leur faire la lumière sur la situation des négociations entre gouvernement et partenaires sociaux.

Portes et fenêtres hermétiquement fermées, aucune présence d’écoliers et d’enseignants et quelques élèves errants dans la cour de certaines écoles parcourues à savoir : le complexe scolaire Bio Guèra A et B, l’école primaire publique Ocbn où les enseignants tenaient leur assemblée générale, l’Epp de la Gare, l’Epp Madina, le Lycée Mathieu Bouké, dans les collèges de Zongo, Albarika, Tourou, Titirou et au collège Hubert Coutoukou Manga. C’est le triste constat observé dans la quasi-totalité des établissements de la ville de Parakou. Au Ceg Zongo de Parakou, un enseignant syndicaliste et l’un de ses collègues enseignant qui dispensait son cours ont failli animer une partie de catch pour avoir contraint son collègue de sortir de la classe. Il a fallu l’intervention des autorités de cet établissement pour apaiser la tension entre ces deux enseignants. La majorité des enseignants de cette localité n’entendent pas démordre tant que leurs revendications ne seront pas satisfaites malgré le mot d’ordre du gouvernement.

La tension était d’ailleurs à son paroxysme. Pour ces enseignants rien ne pourra les ébranler dans la lutte en vue de la satisfaction de leurs différentes revendications. Selon Maurice Fadégnon, porte-parole du front des trois ordres de l’enseignement dans le Borgou, cette rencontre a permis aux camarades de lutte de comprendre les tenants et les aboutissants des négociations entreprises au niveau gouvernemental avec les Centrales et Confédérations syndicales. Négociations qui selon lui n’ont accouché que d’une souris. Pour lui, cette rencontre a motivé les enseignants à déposer les clés dans des paniers prévus à cet effet pour que le président lui-même vienne les chercher pour les remettre à qui de droit. Anselme Amoussou, Secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes (Csa) Bénin, présent sur les lieux, a également rappelé que le but de cette assemblée est de mettre tous les acteurs du système éducatif au même niveau d’information. Egalement, fait-il comprendre, les enseignants ne céderont plus à aucune intimidation de la part du gouvernement. Pour Noël Chadaré, secrétaire général de la Cosi-Bénin, le dialogue social est rompu entre les enseignants et le gouvernement jusqu’à rétrocession des défalcations opérées sur leurs salaires des enseignants et la levée de l’embargo mis sur ces salaires. Pour lui, la politique de la ruse et de rage n’a pas droit de cité au Bénin. C’est pourquoi il invite le Président de la République, Patrice Talon, à revoir sa copie pour une sortie heureuse de la crise avant qu’il ne soit trop tard.

Noël Tètègou (Stag)

 

Plusieurs enseignants absents à Porto-Novo

Les enseignants grévistes de l’Ouémé-Plateau n’ont pas cru devoir reprendre les cours, dans la journée d’hier. Malgré le communiqué du ministre des Enseignants secondaire, technique et de la formation professionnelle, Mahougnon Kakpo, les invitant à reprendre le travail, ces derniers ont brillé par leur absence au poste. Dans la journée d’hier, lundi 5 mars 2018, il a été constaté que les enseignants grévistes se sont concertés pour faire échec à toutes reprises des activités pédagogiques dans la plupart des collèges où ils dispensent les cours. Au Ceg Djègan-Kpèvi, l’un des plus grand des départements de l’Ouémé et du Plateau, les enseignants grévistes ont refusé de reprendre les activités académiques et sont restés sous les arbres pour tenir une Assemblée générale, après la cérémonie des couleurs. A en croire l’administration du collège, les élèves sont entrés en salle, après la cérémonie des couleurs, mais les professeurs, après concertation, ont vidé les lieux.

Au Ceg Anavié, le scénario n’est pas différent. Après le cérémonial des couleurs, les enseignants ont improvisé une réunion de concertation et aux environs de 9h 40, ils sont entrés dans les classes de Terminale pour s’entretenir avec les élèves. Après la récréation, les élèves ne sont plus retournés en salle. Dans les Communes d’Avrankou (Ceg1 Avrankou), de Sèmè-Podji (Ceg Ekpè1 et 2), dans la vallée de l’Ouémé (Ceg1 Bonou, Tatonnonkon, Akpadanou), les syndicalistes ont adopté la même stratégie, en vidant les collèges de leurs apprenants. Le directeur départemental des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle de l’Ouémé, Bertin Dansou, est descendu lui-même sur le terrain pour le constat. Il a instruit les chefs d’établissement pour que les syndicalistes ne perturbent pas ceux qui ont la volonté de travailler avec les apprenants. Mieux ceux-ci doivent prendre leurs responsabilités, car la grève, a-t-il dit, est un acte individuel, et ne saurait être un motif pour empêcher ceux qui veulent travailler de le faire. Il a pour finir, dit que les vacataires qui ont mal renseigné leur Rib doivent procéder, à la correction de celle-ci, pour faciliter le virement de leurs salaires. Les autres enseignants, quant à eux, doivent, eux-aussi, constater le virement de leurs salaires dans la journée. Au demeurant les enseignants grévistes courent des risques en ne reprenant pas le service. Eu égard au dernier conseil des ministres, ils sont en situation d’abandon de poste.
AT

 

Les enseignants toujours menaçants dans le Zou et les Collines

Conformément au calendrier scolaire, les élèves et écoliers ont repris le chemin des classes, lundi 05 mars 2018, après une semaine de congés passés à la maison. Cette reprise n’est nullement la fin des mouvements de débrayage. Si hier les enseignants étaient tous présents à leurs postes de travail dans les écoles, collèges et lycées sillonnés à Abomey, Bohicon et dans la Commune de Zakpota, ils ne le seront pas aujourd’hui. Et pour cause. «Notre maître nous a dit qu’il n’y a pas classe le mardi», gongonnent certains enfants dans les rues. «Moi, mon maître a dit que le mardi, il y a grève, donc de revenir à l’école le lundi prochain», soutiennent d’autres écoliers. C’est dire donc que les grèves continuent de plus belle. Les enseignants, malgré les rappels à l’ordre de leur ministre de tutelle et le langage de vérité du chef de l’Etat, ne démordent pas. Les « disciples de la craie » n’attendent pas baisser la garde. «Demain, la grève continue, peu importe les défalcations», lâche une enseignante qui est venue chercher son enfant inscrit dans un cours privé à Abomey. «Tu vois non ma sœur. Nous sommes déjà des cabris morts. Mais ce gouvernement va nous sentir. On n’ira jusqu’au bout », renchérit fièrement une autre maîtresse. Quoi de plus suicidaire quand on sait que son enfant est dans une école confessionnelle pendant qu’on sacrifie l’avenir de plusieurs autres dont les parents n’ont pas les moyens sur l’autel des revendications et grèves intempestives. Prêts à assumer les conséquences qui découleraient de leur entêtement, les enseignants ont bien mûri leurs réflexions avant de s’engager dans le bras de fer avec le gouvernement. «Nous avons atteint le point du non retour», réaffirme le syndicaliste Jules Amoussouga.

Zéphirin Toasségnitché

(BrZou-Collines) / Actubenin

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