La qualification des Ecureuils pour les 8èmes de finale de la Can Egypte 2019 paraît, si bien qu’on a envie de la réitérer. Le Onze national a fait naître une atmosphère de réconciliation des Béninois avec eux-mêmes. La joie n’a pas de bord, elle est tout simplement l’expression d’une beauté de l’âme et de l’esprit. Cette beauté qui donne vie à notre unité perturbée.

Ils sont si beaux quand ils rient. Ils sont si rayonnants quand ils sont joyeux. Les enfants du Bénin dégagent une énergie si positive quand ils décident de révéler tout ce qu’ils ont de merveilleux au fond d’eux. Jamais par le passé, on n’a noté cette osmose, cette grâce du vivre-ensemble. On découvre avec foi et engagement qu’il n’y a définitivement rien de plus beau que l’unité, même le temps d’une victoire des Ecureuils. Il faudrait être présent à cette heure-là, dans ce ministère névralgique où se côtoient toutes les sensibilités pour voir ces hommes et femmes ne partageant pas les mêmes idéologies politiques s’entourer de chaleur et de bonheur. Il faudra être présent dans ce cabaret bondé de monde en plein cœur de Cotonou pour apprécier cette joie inassouvie, cette extase comblée qui naît du tréfonds des dissensions et antagonismes. Il faudra être dans ces clubs d’amis (un peu mécontents actuellement) pour lire cette joie si vive, cette fierté si forte qui git de nos entrailles nationalistes. La Nation d’abord, la Nation avant tout. Il semble que les Ecureuils sont en passe de réussir un exercice inédit de réconciliation d’un peuple avec lui-même. Il semble que sans le savoir, les Ecureuils sont en train de changer positivement le cours des choses. Il semble que sans crier gare, nos colères partisanes se muent petitement en espérance d’une unité retrouvée autour de l’essentiel. On dira peut-être que cette lecture est assez hâtive et optimiste. Elle n’est pas fausse cette façon de voir. On dira même qu’elle est le vœu assez exaltant  d’une unité espérée.

 

Le foot unit et soigne

 

Celui qui ne croit pas ne s’oppose pas. Il manifeste juste le désir d’une espérance refoulée. Nous sommes à l’école d’une expérience politique qui est à l’épreuve d’un dessein voué à l’union. Ensemble, les fils et filles du Bénin savent étonner, et il semble qu’avec le foot quelque chose d’inédit qui risque de se répercuter sans grand effort sur tous les autres compartiments de la vie sociopolitique commence. Il semble que quelque part, des gens ont ressenti de la douleur qui peine à se cicatriser. Dans un sens comme dans l’autre, on a eu mal et tel des soldats sortis de grandes épreuves, les plaies sont encore béantes. On peut comprendre qu’on est toujours dans l’amertume, mais c’est aussi le pic d’une peine. A ce niveau de la douleur, il n’y a que la joie pour hâter la cicatrisation. On peut penser que cela relève de l’inédit, mais ce sont les moments futiles, les instants passagers, les brisures de vent inutiles qui sont les réponses évidentes à nos peurs profondes. La qualification des Ecureuils ainsi que les nombreuses victoires qui nous attendent (osons l’espérance) dans ce grand film africain du football qui se déroule sous nos yeux gagent d’un miracle dans le processus de dialogue. La flamme est allumée, les énergies sont mobilisées, en avant pour construire ensemble. Chaque main compte dans cette œuvre de restauration d’un Etat fort et grand. Heureux seront les artisans engagés pour la cause du bien. Heureux ceux qui trouvent dans cette joie ineffable de la qualification, des moments de méditation sur l’avenir politique d’un pays aux atouts immenses.

 

Hospice Alladayè/Actubenin

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