Madagascar: la société civile lance son «Observatoire des élections»

Au lendemain du nouveau report du vote des lois électorales à Madagascar qui discrédite un peu plus les institutions étatiques, la société civile semble, elle, s’organiser en vue de l’élection présidentielle de cette fin d’année. Appuyée par l’Union européenne, elle a lancé mercredi 21 mars son « Observatoire des élections ». Un outil qui grâce à des milliers d’observateurs bénévoles mobilisés sur toute l’île, permettra de répertorier les mauvaises pratiques et fraudes électorales et de dénoncer auprès des autorités compétentes les candidats contrevenants.

« La société civile doit jouer son rôle dans tout le cycle électoral, avant pendant et après les élections pour surveiller les promesses des candidats, sans quoi notre pays n’a pas d’avenir », affirme une bénévole du tout nouvel Observatoire des élections.

Quelques 5 400 observateurs ont déjà été sélectionnés. Ils couvriront 7 des 22 régions de l’île (soit 40% des électeurs du pays). « Sur le terrain, si un observateur aperçoit un candidat qui par exemple distribue de l’argent, une attitude répréhensible par la loi, cet observateur doit recueillir des preuves en prenant des photos ou en contactant des témoins, explique Stella Razanamahefa, la responsable technique du projet. Ils nous les envoient ici à Antananarivo [à l’antenne nationale, ndlr]. Si le dossier est complet, on le transmet au tribunal administratif ou auprès de la Haute cour constitutionnelle ».

En cas d’actes de corruption, de détournement de votes, ou d’atteinte aux droits de l’homme, les institutions comme le Bianco (Bureau Indépendant de Lutte Anticorruption), la Céni (Commission Electorale Nationale Indépendante) ou Amnesty International, partenaires de l’Observatoire, pourront elles aussi être saisies.

« Les exemples de mauvaises pratiques qu’on va observer, c’est l’arrachage des affiches des candidats adversaires, les insultes envers les différents candidats, et l’utilisation abusive des ressources de l’Etat à des fins de propagande. La distribution de tee-shirts et autres goodies, ça dépend des lois qui vont sortir, en fait. C’est elles qui vont déterminer si c’est abusif ou non », affirme Harijaona Andriamoraniaina, le chef du projet Fanoa pour l’observation électorale

Les observateurs recevront une formation nationale en mai. Ils devront, entre autres, maitriser parfaitement les lois électorales en vigueur. Encore faut-il que celles-ci soient votées.

RFI

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