Mohamed VI a gracié 889 condamnés ce mardi 21 août, jour de l’Aid El-Adha, la grande fête musulmane. Parmi eux figurent 160 détenus dans le cadre du mouvement de contestation Hirak dans la région du Rif, en 2016 et 2017. C’est ce qu’affirment deux avocats joints par RFI.

Selon les informations de RFI, près de 100 personnes auraient déjà quitté leur prison à Casablanca, Fès ou encore Al Hoceïma, haut-lieu de la contestation.

En octobre 2016, la mort d’un vendeur de poisson écrasé dans une benne à ordure avait déclenché la mobilisation. Mobilisation sur fond de colère sociale, de sentiment de marginalisation des populations du Rif, au nord du Maroc.

Pour l’un des avocats du mouvement Hirak et de son leader Nasser Zefzafi, cette grâce marque un changement de perspective de la part des autorités du royaume.

« La dynastie alaouite, qu’il s’agisse de Mohammed VI ou de son père Hassan II, n’a pas pour habitude de gracier ceux qu’elle considère comme des traîtres, souligne maître Mohamed Zayan. Donc le fait qu’il [Mohammed VI] ait gracié, même si ce n’est pas suffisant, c’est assez suffisant pour croire qu’il y a une nouvelle approche envers ce dossier. »

L’avocat estime que le pouvoir cherche ainsi à apaiser les tensions. « La nouvelle approche c’est qu’on ne le considère plus comme des sécessionnistes ni des agents au service d’un agenda étranger et ça, c’est très important en soi. Ça exprime une volonté de mettre fin à la tension politique qui existe dans le pays. Et on en avait besoin, parce que ça fait des années que ça dure. »

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