Prochain Président de l’Assemblée nationale

Tractations pour la conquête du perchoir

Voici les Députés qui peuvent faire le job

Après la proclamation des résultats par la cour constitutionnelle des élections législatives du 28 Avril dernier, place maintenant aux tractations en vue de la désignation non seulement des membres du bureau mais surtout du président de l’institution.

A ce sujet, certains députés semblent bien remplir certains critères politiques qui militent en faveur d’un positionnement.
Il faut d’abord souligner qu’au sortir des élections, l’Union progressiste a remporté le plus grand nombre de sièges à raison de 47 contre 36 pour le bloc républicain. Cette considération prise en compte, on peut logiquement s’attendre à ce que le président de l’Assemblée nationale soit issu de L’Union progressiste.
Mais d’autres arguments en faveur du principe de l’équilibre régional mettent en relief le fait que pendant les deux mandats présidentiels de Yayi Boni, la présidence de l’Assemblée nationale à été occupée par une personnalité politique originaire du sud, en l’occurence le professeur Mathurin Coffi Nago; Le chef de L’État étant en ce moment là originaire du nord.

Au regard de ces deux faits, deux tendances se dégagent avec deux différents lobbies.
La tendance qui milite en faveur d’une personnalité politique du nord sort les cartes comme Sacca Lafia, Robert Gbian et Abdoulaye Bio Tchané.

Pour la tendance qui prône le positionnement d’une personnalité politique du sud, on agite des noms comme Abraham Zinzindohoué, Janvier Yahouédéhou et Jean-Michel Abimbola.

Alors qu’on ne saurait concevoir l’un ou l’autre des schémas sans la caution du Président de la République Patrice Talon, il semble bien que la première logique qui considère que c’est le bloc majoritaire qui doit désigner le président du parlement risque de ne pas connaitre un succès puisque le Président Patrice Talon est connu comme un Chef d’ État qui tient beaucoup plus à la qualité, à la compétence qu’à une quelconque équilibre, fut elle régionale ou autre. Pour lui, seule la compétence prime. C’est pourquoi il serait aisé de dire que le président du parlement peut être issu d’un bloc comme de l’autre et peut être ressortissant du sud comme du nord.
Il importe alors d’ évaluer les chances et les faiblesses des personnalités politiques qui se trouvent en ce moment dans le starting block.

Robert Gbian: C’est un candidat malheureux de la présidentielle de 2016 qui a rallié la coalition de la rupture entre les deux tours. Ses relations personnelles avec le président de la République ont fait de lui un soutien stable au cours de la législature finissante. C’est aussi un membre influant du bloc républicain. Il est un homme d’un tempérament calme qui, apparemment saura se maîtriser et maîtriser aussi les moments de crise. Il a aussi l’avantage d’avoir été déjà député une fois. Seulement, le soutien des députés de l’Union progressiste peut lui faire défaut en partie du fait que ceux-ci pourraient avoir une préférence pour un des leurs et faire chanter le Chef de l’Etat.

Abdoulaye Bio Tchané: Comme Robert Gbian, il fut aussi membre de la coalition de la rupture après avoir occupé la 4e place à la présidentielle de 2016. Repêché par le Président de la république au gouvernement depuis 2016, il a l’avantage de maîtriser beaucoup de grands dossiers du gouvernement. Il peut représenter pour Talon un bon répondant surtout que ce dernier tient à une bonne relation institutionnelle pour le vote de lois en faveur du PAG. Mais, cet atout est en même temps une faiblesse parceque son positionnement pourrait être perçu comme un prolongement de l’ action gouvernementale alors que le parlement doit être une institution de contre -pouvoir.

*Sacca Lafia*: Ancien parlementaire, ancien ministre du régime Yayi, ancien president du Cos Lepi, et actuel ministre de l’intérieur du Président Talon, il a l’expérience pour faire le job. Mais sa principale faiblesse est son caractère peu conciliateur. Président du Parlement, il peut être perçu comme une caisse de resonance de l’exécutif.

*Abraham Zinzindohoué*: il a le mérite d’avoir été élu député par le passé au moment où le courant passait bien entre les Soglo et lui. En terme de soutien politique, il a fait rallier l’aile dissidente de la Renaissance du Bénin à la rupture. Son soutien à l’action gouvernementale n’est plus à démontrer en plus du fait qu’il soit un juriste de haut niveau. Mais sa faiblesse principale se trouve dans le fait que son épouse est déjà présidente de la Haute Cour de Justice. Il serait donc mal vu que son épouse et lui soient tous les deux, présidents d’institutions.

*Jean-Michel Abimbola*: il dispose d’ un fort potentiel politique parce-que ayant réussi à se faire réélire. Il a l’expérience politique et entretient de bonnes relations politiques avec le président Talon. Il a aussi le mérite d’avoir contribué à la mise en place du BMP, un dispositif ayant servi de rempart pour Talon face aux assauts de l’opposition minoritaire. Mais ayant été bon serviteur et ministre du régime Yayi Boni, puis de Patrice Talon, sa crédibilité est-elle restée intacte ? D’autre part son passage sur France 24 n’a pas laissé l’impression d’un homme tempéré.

*Janvier Yahouédéhou*: il a l’avantage de donner la preuve de son expérience politique. Au-delà de ceci, il est très connu pour sa rigueur en matière de gestion, mais aussi sa méthode de conciliation des points de vue. Ex-Président du parlement de l’UEMOA, il a fait un brilliant passage comme Président du Cos/lépi où il a su gérer toutes les contractions à l’interne alors même que la présence des fortes têtes de l’opposition était un élément déterminant qui pouvait faire basculer ou bloquer le bon fonctionnement de la structure.
On peut imaginer qu’une fois élu président de L’ Assemblée nationale, il pourra avec dextérité et magnanimité concilier les tendances et participer sérieusement à faire baisser les tensions éventuelles. Son profil pourrait redonner au parlement ses lettres de noblesse et lui faire revêtir les aparas d’une véritable institution de contre-pouvoir.
Sa posture d’homme politique assez intègre et conciliateur fait de lui un précieux atout pour l’apaisement de la tension politique actuelle.
Mais ce qui est pour lui un atout constitue aussi son talon d’Achille puisque le Chef de L’État pourrait ne pas vouloir d’un partenaire politique charismatique. Dans tous les cas, il fait l’objet de beaucoup d’attention dans les tractations qui se mènent.

Le choix du Président de l’Assemblée nationale sera fait assurément dans le lot de ces personnalités qui disposent chacun de beaucoup d’atouts mais aussi de quelques faiblesses.
L’enjeu étant de taille,le choix dépendra à la fois des députés mais probablement des orientations du président de la République.

Journal Le Palmarès

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