Convoquer en urgence l’Assemblée nationale aux fins de procéder à une relecture des lois électorales et  rencontrer sans délai les forces politiques recalées par la Cena  dans le cadre des élections législatives du 28 avril 2019,  Me Adrien Houngbédji, mandaté par le Chef de l’Etat, pour mener une telle mission, est déjà à pied d’oeuvre. Mais au regard des obstacles à déplacer, cela  paraît compliqué, voire impossible.

Me Adrien Houngbédji a entamé jeudi 07 mars une série de rencontres avec des personnalités politiques pour recueillir leurs préoccupations dans le cadre des prochaines élections législatives. En sa qualité de président de l’Assemblée nationale, il doit aussi convoquer en procédure d’urgence les députés à une session extraordinaire qui sera consacrée à la relecture du Code électoral et de la Charte des partis politiques. Soumis à une course contre la montre, Me Adrien Houngbédji a eu un agenda très chargé dont l’exécution a commencé hier jeudi avec les rencontres à son cabinet à Cotonou. Selon nos informations, l’ancien chef de l’Etat Yayi Boni, leader des Fcbe et Candide Azannaï, chef de file de Restaurer l’espoir ont été déjà reçus. Hasard du calendrier ou pas, les premiers échanges ont eu lieu avec ces personnalités désignées comme l’opposition radicale. N’ayant pas déposé leurs dossiers de candidatures à la Cena et  absents à la rencontre de mercredi 06 mars initiée par le chef de l’Etat pour ouvrir le dialogue dans ce contexte d’incertitude d’avant les élections, les partis Re et Fcbe se sont confiés au Président de l’Assemblée nationale. En termes de requêtes, on peut les résumer en quatre points : le report de la date des élections, l’abrogation du Nouveau code électoral, l’abrogation de la Charte des partis politiques, la relance de tout le processus électoral. Ils estiment que c’est la condition sine qua non pour que les prochaines élections législatives se tiennent. D’autres partis comme l’Union sociale libérale (Usl) de Sébastien Adjavon, l’Union pour le développement d’un Bénin nouveau (Udbn) de Claudine Prudencio ne se tiennent pas à distance de ces doléances. Ces deux derniers dont les dossiers n’ont même pas été examinés par la Cena, parce qu’incomplets, adoptent la même position que les deux premiers et réclament aussi qu’il y ait assouplissement au niveau des textes. Le Moele-Bénin de Jacques Ayadji, les Fcdb de Soumanou Toléba sont aussi concernés par cette démarche qu’entreprend Me Adrien Houngbédji.

 

Houngbédji doit aussi balayer chez lui

 

Le Parti du Renouveau démocratique (Prd) mis hors course par la Cena ne rêve pas mieux, bien qu’étant de la Majorité présidentielle.  Le président de l’Assemblée nationale dont le parti a subi les rigueurs de la loi, est donc en mission pour arranger les choses pour les autres, mais aussi pour lui-même. Sa mission ressemble bien plus à une épée de Damoclès suspendue sur sa tête qu’à un facilitateur. Dans son propre camp, les « tchoco-tchoco » ne lui pardonneront pas si jamais, il n’arrive pas à trouver la formule magique pour une sortie de l’impasse. Déjà lors de la rencontre du mercredi, le Chef de l’Etat a insisté qu’en sa qualité d’homme de droit et président du Prd, il est responsable de ce qui est arrivé à son parti, dont on préfère taire les reproches que la Cena a fait sur ses dossiers. Toujours égal à lui-même, Patrice Talon l’a poussé à reconnaître sa faute, et à trouver également une solution pour lui permettre d’aller à la compétition. C’est ce qu’il y a lieu de comprendre dans la mission que le chef de l’Etat lui a confiée. Mais toutes les conditions  ne sont pas véritablement réunies pour qu’il réussisse sa mission, vu les exigences de l’opposition. C’est à ce niveau que se trouve son gros souci.

 

Que veut l’opposition ?

 

Pour un scrutin prévu pour le 28 avril 2019,  l’opposition veut l’abrogation du Code électoral et de la Charte des partis. Toutes choses contraires aux dispositions de la Cedeao. Cela pourrait conduire le pays dans une situation plus compliquée. D’ailleurs, en envoyant Me Adrien Houngbédji en mission, le chef de l’Etat a été clair : «Notre ambition n’est pas de corriger quelque chose en violant la loi». Cependant,  concernant le quitus fiscal, Jacques Ayadji a suggéré que cela ne soit plus exigé au dépôt des dossiers, mais qu’on fixe un délai pour le produire. Voilà qui peut aider beaucoup de candidats.

FN/Actubenin

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