L’homme est le maître de la terre et tout arrive par son fait. Il peut décider de tout foutre en l’air comme il peut choisir de tout réparer. C’est la seule espèce au monde qui détient le pouvoir de rendre possible le bien et le mal. Il est inutile de vouloir la paix qui est un idéal abstrait si on ne travaille pas sur les hommes qui doivent y contribuer.

Les chants de paix finissent par fatiguer les tympans. Les discours fleuves et même les vagues d’appel à la paix ne sont que des symphonies dans le désert, car il semble que ceux qui ont la décision ne sont pas encore prêts. Sans les hommes, la paix n’existerait pas, et sans les hommes elle existerait. Tout pouvoir a été donné à  l’être humain de changer le bien en mal et le mal en bien. Nous sommes justement à ce stade avec la situation du Bénin. Il s’agit juste de mettre en branle la faculté impulsive par laquelle tout se réalise, c’est-à-dire la volonté, et il y a longtemps que nous aurions fini avec la violence.  La paix est un idéal, seul les hommes la rendent possible. Et quand on parle d’hommes, certains pensent automatiquement aux leaders. Sans hésiter, beaucoup citeront  Thomas Boni Yayi et Patrice Talon. Mais Thomas Boni Yayi et Patrice Talon ne sont que l’expression d’une volonté portée par des hommes et des femmes proches. Il suffira d’ouvrir ce grand livre affectif et on verra un monde fou de conseillers proches ou lointains, se parler franchement. Ces gens composent le premier niveau de consultation. Cette grande famille tout aussi proche porte un idéal et tente de le faire porter par le leader au nom de cette amitié. Dans ce monde restreint, il y a des gens sincères et même très sincères. Mais il  en existe aussi de très peu sincères. Cette catégorie est beaucoup plus grande et tente surtout à soutenir les leaders en toute circonstance. Ils épousent sans réfléchir leurs vues car pour eux c’est la seule manière de continuer par exister. A côté de ce monde restreint, il y a la gamme variée et diversifiée de sympathisants, d’amis proches ou lointains, de grandes personnalités qui conseillent, qui parlent et qui soutiennent dans un sens comme dans l’autre. Tous ceux-là ont un point de vue qu’ils veulent faire partager. A côté de ce grand monde composé pour la plupart de grands intellectuels et hommes forts, il y a enfin et surtout la famille large ou restreinte. C’est le plus grand niveau d’impact au plan affectif. Nul n’ignore l’importance de ce creuset dans nos sociétés et son influence sur le choix de certains leaders. Il n’est pas facile de rejeter la famille ou de passer outre ses exigences. On se rend compte donc que c’est un grand marché, un grand bruit qui remue les tympans du leader. On appelle, on écrit, on conseille, on éduque, on pousse bref, le Chef est tenaillé entre ce bruit extérieur et son bruit intérieur généré par la conscience. C’est fou mais c’est comme cela !

 

Une question bien

complexe

 

On réalise que la question de la paix n’est pas à un seul niveau, mais à plusieurs. L’impulsion doit venir de tous ces hommes et femmes aux intérêts multiples, aux convictions multicolores, aux positions diversifiées mais qui ont le pouvoir d’être écoutés. Ces hommes et femmes doivent avoir le sens de la patrie et dire quand ils sont consultés ce qu’ils pensent être bien pour le pays. C’est de ce minimum qu’a besoin tout leader pour conduire son peuple à bon port. Tant que tous ceux qui ont l’opportunité de changer en bien de leur position, le comportement d’un leader pour le bien commun  s’abstiennent de le faire au profit de leurs intérêts égoïstes, ils contribuent à sacrifier la paix. Mais de quoi parle-t-on enfin ? Qui sont ces hommes et femmes proches des lieux de décision ? Qui sont-ils si ce ne sont que nos frères, nos sœurs nos cousins ? La responsabilité est donc collégiale car au plus petit niveau, les mentalités doivent être touchées. Lorsque dans une famille tout le monde acclame le grand politicien de la famille parce qu’il est riche et qu’on se prive de lui dire certaines vérités, on contribue à tuer la paix. Lorsqu’on a un ami politicien qu’on encourage à persévérer dans le mal parce qu’on a besoin de ses billets de banque pour survivre et qu’on craint qu’en lui disant la vérité il couperait le robinet, on contribue à tuer la paix. Notre hypocrisie collective est un vrai terreau pour la décadence que nous vivons actuellement. C’est une gangrène qui érode tout le corpus social. Faire l’effort de changer sera absolument salutaire pour le bien commun mais surtout pour la paix qui devient désormais un impératif.

 

AT/Actubenin

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