Depuis les conseils des ministres du 2 et 30 août 2017, la décision avait été prise par le gouvernement d’instaurer le paiement des primes par virement. Le ministre des Enseignements secondaires techniques et de la formation professionnelle, Lucien Kokou, était à Porto-Novo pour clarifier la situation des primes.

« Les dysfonctionnements rencontrés proviennent des services du Mef. La situation est déjà sous contrôle.16.700 enseignants sont concernés par la question des primes, mais 16.310 ont été régulièrement payés jusqu’au lundi dernier. Le reste pourra entrer en possession de ces primes d’ici à là. « Ce sont les agents du Ministère de l’économie et des finances (Mef) qui sont à l’origine des dysfonctionnements qu’il y a eus au niveau des primes », ainsi s’exprimait Lucien Kokou. Ces agents n’étaient pas prêts pour accompagner le gouvernement dans sa décision de payer les primes aux enseignants, par virement bancaire. Ces derniers sont gênés par la réforme, parce qu’ils savent que l’application de la décision les éloigne du « biberon ». Pendant longtemps, les services de la Mef sont allés sur le terrain pour payer les primes des enseignants. Pour cela, ils bénéficiaient des frais de mission. Avec le procédé de virement bancaire, plus de primes à percevoir. Du coup, les services du Mef en charge de faire aboutir la réforme ont été sciemment bloqués. « Sur les 3 milliards de Fcfa que coûtent les primes de rentrée, seulement 1/3 va dans les poches des enseignants, parce que, si on paie 109 mille à un enseignant, les frais de mission sont évalués à 400 mille », a expliqué le ministre Lucien Kokou. C’est là que les services du Mef ont commencé par accorder du crédit à la décision.
Faux Rib, et comptes dormants
L’autre problème qui a créé le dysfonctionnement est le fait que certains enseignants ont mal renseigné leur Rib. D’autres, fuyant le prélèvement pour les prêts qu’ils avaient consentis auprès des banques, ont envoyé des numéros de comptes dormants ou fermés. Une des banques de la place a recensé environ 500 comptes inopérants. Donc, il était impossible d’y transférer des primes. Les banques qui ont rencontré des problèmes sont déjà en possession des primes. Il ne reste qu’elles satisfassent les bénéficiaires. Deux d’entre (Boa et Ecobank) l’ont signifié dans une lettre d’excuses qu’elles ont adressée au gouvernement, selon les dires du ministre. « Au lieu que les gens insultent le gouvernement, sur les réseaux sociaux, la seule chose qui reste à faire, c’est la patience », a-t-il conclu. Le ministre a clarifié la situation devant les directeurs, les surveillants généraux, les encadreurs culturels et les représentants des bureaux Ape des communes de Sèmè-Kpodji et des Aguégués qui étaient en séance de travail, avec une délégation de la Direction départementale, des enseignants secondaires techniques et de la formation professionnelle (Ddestfp).
Matin Aïhonnou (Coll)

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