Le président Robert Mugabe s’est déclaré “soulagé” lorsqu’il a accepté de quitter son poste de président du Zimbabwe la semaine dernière sous la pression de l’armée et de son parti après 37 ans de pouvoir.
Le père Fidelis Mukonori, un prêtre jésuite qui est un ami proche de Mugabe, a affirmé dans une déclaration publiée par le journal privé ‘’the Standard’’, que Mugabe a pleuré et a déploré la trahison de ses lieutenants quand il a accepté de démissionner.

“Quand il a terminé sa signature, son visage a simplement brillé, pas de larmes à moins qu’il y ait des anges pleurant quelque part… Pour moi, c’était un signe qu’il acceptait ce qui est arrivé, il est soulagé, pas qu’il soit lésé mais soulagé.” a déclaré Mukonori à l’agence de presse Reuters après la messe à la mission catholique Chishawasha juste à l’extérieur de la capitale Harare.

Mugabe a vu sa fin

Il a dit que Mugabe a réalisé que c’était la fin de la route, deux jours avant sa démission, quand il a vu 60 000 Zimbabwéens protester et exiger qu’il démissionne sur les terres de Harare où il a été installé comme Premier ministre en 1980. Sa lettre de démission signée a été lue mardi, alors que le parlement préparait une motion pour le destituer.
Selon Reuters, des sources ont déclaré que Robert Mugabe était provocant quand il a rencontré les hauts gradés de l’armée le 16 novembre, ce qui était le début d’un extraordinaire affrontement de cinq jours entre Mugabe et les militaires qui avaient pris le pouvoir. Le peuple du Zimbabwe étant aussi de l’autre côté.
Le président de 93 ans a finalement accepté la défaite seulement après avoir été limogé par son parti, la Zanu-pf et confronté à l’ignominie de la destitution.
La chute de Mugabe après 37 années au pouvoir a été stimulée par une bataille pour lui succéder qui a opposé son ancien vice-président Emmerson Mnangagwa, qui l’avait soutenu pendant 52 ans, et l’épouse de Mugabe, Grace, qui a 52 ans.

Nouvelle équipe

Mnangagwa a été assermenté comme président vendredi et tous les yeux sont maintenant sur lui, s’il va nommer un gouvernement à base élargie ou choisir des figures de l’ère de Mugabe.
Mukonori a déclaré que Mugabe avait voulu une transition graduelle et sans heurt du pouvoir à Mnangagwa, qu’il avait limogé il y a deux semaines, mais cela a été contrecarré après que Mnangagwa ne soit pas revenu immédiatement d’exil en Afrique du Sud après le coup d’etat des miliaires. Le journal Standard, qui a critiqué Mugabe et son gouvernement au fil des années, a exhorté M. Mnangagwa à “faire la lumière sur la corruption”.
Lors de sa cérémonie de prestation de serment, Mnangagwa a déclaré qu’il appréciait la démocratie, la tolérance et la primauté du droit et qu’il s’attaquerait à la corruption. Il a également exhorté les citoyens à ne pas entreprendre de vengeance.

Nouvelle équipe, nouvelle forme de gouvernance ?

Le nouveau gouvernement est déjà prêt à traduire en justice, certains des proches de Mugabe et sa femme. L’ancien ministre des Finances, Ignatius Chombo, a affronté des magistrats samedi pour des accusations de corruption. Il n’a pas plaidé coupable.
Chombo était parmi plusieurs membres d’un groupe allié à Grace qui ont été détenus et expulsés de la Zanu-pf après que l’armée ait pris le pouvoir dans “l’opération Restore Legacy” qui, selon elle, visait à éliminer les “criminels” autour de Mugabe.
Chombo, qui a déclaré à la cour qu’il avait été expulsé de force de son domicile le 15 novembre par des hommes armés en uniforme militaire, a été détenu jusqu’à lundi lorsque sa demande de libération sous caution sera entendue. Il a été emmené dans les fers avec le chef évincé de la ligue influente de la jeunesse du ZANU-PF, Kudzanai Chipanga.
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